Suzannecourt

Autre Nom = Susaincort (1253) = le village du haut (contraire de « Juzennecourt ») ; Suzannincourt (1793), puis Suzannecourt à partir de 1803.

 

Légende : dolmen (fausse identification sur le site dit « la Soterre » = grotte aménagée; Cf. ici).

 

Chronique 

  • Auguste PIOT, L’église Sainte-Croix de Suzannecourt, LANGRES, Imprimerie et Librairie Rallet-Bideaud, 1894.
  • Abbé ROUSSEL, Histoire et statistique du diocèse de Langres, tome 2, notice n° 514.
  • V. FAYET, Recherches historiques.

Le village appartenant au fief de JOINVILLE.

1218 = cession du village (avec THONNANCE) à l’évêque de CHÂLONS, par SIMON de Joinville (pour faire lever son excommunication ?). Le siège de la prévôté est à THONNANCE. SUZANNECOURT est succursale de THONNANCE.

20 Août 1538 = Robert de LENONCOURT, évêque de CHÂLONS, accorde des lettres d’affranchissement (PIOT/1894/10).

Juin 1604 = un terrier indique que le sire de JOINVILLE possède un droit annuel d’un denier/foyer pour droit de « pontenage » (Voir Yvon GAILLET, Miettes sous Joynville, p. 10).

1628 = 80 feux et 240 communiants.

 

1661 = érection en paroisse indépendante, par Félix VIALARD, évêque de CHÂLONS (PIOT/1894/11).

5 septembre = nomination du premier curé.

 

9 septembre 1672 = homologation de l’érection paroissiale par le Parlement (PIOT/1894/11).

1702 = Gaston de NOAILLES, évêque de CHÂLONS, « […] fait élever au-dessus de l’autel majeur un immense baldaquin, dans le style grec...” (PIOT/1894/14). Lors de la restauration de l’église, en 1891, on trouvera sur une pierre posée par le dénommé Estienne BANCELIN,  l’inscription lapidaire suivante : « DD. GASTONE BLVD / EPO. C. CATHAL. ALTARE / HOC. XTO. PER CRUCEM / TRIUMPHANTI. SACRATUM / MDCCII. ERECTUM EST. » (PIOT/1894/15)

1723 = construction du château par Charles Auguste de GERMAY (Nicolas Certain). Grosse maison + cour + grille + parc boisé (statues, fontaines, vergers, vignes).

31 Mars 1726 = Nicolas II de SAULX-TAVANNES (futur archevêque de ROUEN), cède contre rente financière certains droits seigneuriaux à Charles-Auguste de GERMAY (PIOT/1894/10).

janvier 1739 = une violente tempête détruit le clocher de l’église.

1759 = Claude Antoine de CHOISEUL, évêque de CHÂLONS, reconstruit le clocher détruit en 1739 (PIOT/1894/14) avec des bois coupés dans les forêts de CHÂTILLON.

1789 : le village est le siège d’une cure à la nomination de l’évêque de CHÂLONS. Il appartient à l’élection de JOINVILLE, au bailliage de CHAUMONT et la prévôté de WASSY.

1801 = intégration de la paroisse dans le diocèse de LANGRES.

septembre 1807 = reconnaissance de la paroisse par le Gouvernement (PIOT/1894/12, note 4).

1818 = établissement de lavoirs à bras.

1838 = construction d’une forge par M. GUILLAUME, sur une dérivation du RONGEANT: le site consiste en un bocard et un patouillet.

1843 = achat du château par trente vignerons.

1867 = fondation d’une école de filles par sœur Candide VAUTRAIN, sœur de la Providence de LANGRES.

1879 = visite canonique par Mgr BOUANGE (PIOT/1894/17).

1891 = début des travaux de restauration de l’église, engagés et payés par le Père PIOT, curé, avec le soutien du Conseil municipal, des habitants et du Père NALOT, architecte.

  • L’autel est une plaque de marbre posée sur 4 colonnettes en pierre de SORCY (PIOT/1894/27). Deux émaux sur fond d’or craquelé, incrustés dans la pierre, racontent l’histoire de l’Invention de la Vraie Croix, en 326 (côté évangile = l’impératrice sainte HÉLÈNE et l’évêque de JÉRUSALEM, MACAIRE = fête de l’Invention de la Croix, le 3 Mai) et 629 (côté épître = l’empereur  HÉRACLIUS et ZACHARIE, évêque de JÉRUSALEM = fête de l’Exaltation de la Croix, le 14 Septembre ; PIOT/1894/28).
  • Les vitraux et émaux sont signés de Georges Claudius LAVERGNE (PIOT/1894/19). Ils reproduisent l’histoire de la sainte Croix, sous trois formes traditionnelles : Croix du CHRIST, Croix de saint PIERRE, Croix de saint ANDRÉ (auxquelles il faut ajouter la Croix grecque sur la pierre d’autel; Cf. PIOT/1894/23-24 et note 1). Ils reproduisent les instruments de la Passion (dans le chœur, à droite) et, en-haut et au centre, présentent le Père éternel (PIOT/1894/25-26). LAVERGNE dessine aussi la porte du Tabernacle (calice, hostie, deux colombes; PIOT/1894/33).
  • Les sculptures sont exécutées par les ateliers de M. FRANÇOIS, de SAINT-DIZIER (PIOT/1894/20, note 1).
  • Les statues (Saint LOUIS, roi croisé deux fois; Sainte ELISABETH de HONGRIE, femme du Duc LOUIS, croisé, tiers-franciscaine, ici représentée lors de l’épisode du miracle des roses; Saint ROCH, tiers-franciscain; Saint FRANÇOIS d’ASSISE, stigmatisé de la Croix) sont réalisées par les ateliers PIERSON, à VAUCOULEURS (PIOT/1894/35-39)
  • La grille en fer forgé du sanctuaire est exécutée par les ateliers de M. H. FLORAINVILLE, à JOINVILLE (PIOT/1894/21, note 2).
  • La porte de la sacristie est réalisée par M. O. EUVRARD, avec des pentures en fer forgé, exécutées par M. LARCELET (PIOT/1894/22, note 1).

1893

Samedi 7 octobre : procession des reliques, déposées dans un oratoire domestique, chez Jules BOURLIER.

Dimanche 8 octobre (8h du marin à midi) = procession des reliques, puis dédicace de l’église restaurée et consécration de l’autel, par Mgr LARUE. Le soir, Vêpres pontificales présidées par le curé de SAINT-BLIN. Puis, confirmation des enfants de la paroisse et nomination du Père Piot chapelain de la Cathédrale de LANGRES (PIOT/1894/41-44).

 

Nuit du 7 au 8 oct. 1999 = incendie du château.

 

Lieu-dit « le Foulon » : foulage des laines (ou poils d’animaux) pour constituer des feutres de draperie ou de bonneterie. Présence d’un moulin (martinet pour frapper les balles de laine, puis pour concasser le minerai de fer).

Jolibois indique, au 19ème siècle, un chemin de grande communication n° 2, un lavoir à mine sur le RONGEANT et 22 ha de bois communaux.

L’économie viticole explique le type des maisons anciennes, à savoir :

  • une grange sur la rue (travail du vin);
  • une habitation (grande pièce/chambre sur le jardin);
  • une cave.